Note d’orientation et approche NbS

Recommandations politiques

Ce programme propose, sur la base des résultats du travail de compilation des connaissances, les recommandations politiques sur l’état de la gestion des ressources naturelles à utiliser lors de l’examen des solutions aux défis auxquels sont confrontés les pays africains, en ciblant principalement les décideurs politiques et les praticiens dans le domaine de la gestion des ressources naturelles. Les recommandations politiques proposées ont été compilées avec une brève présentation des problèmes, des mesures spécifiques pour résoudre les problèmes politiques clés, et des résultats attendus pour chacune des 4 catégories de l’approche SfN décrites ci-dessus, en mettant l’accent sur la clarté et la facilité de mise en œuvre.

1: Politique et cadre réglementaire efficaces

Recommandation politique 1 : L’importance d’impliquer diverses parties prenantes aux niveaux local, national et international et de leur donner l’occasion d’échanger leurs points de vue

  • L’un des défis de la gestion des ressources naturelles réside dans les nombreux compromis existant entre les forêts et les ressources naturelles, d’une part, et le développement régional et agricole, d’autre part, avec l’implication de plusieurs ministères compétents. Compte tenu de ce qui précède, il serait certainement utile de mettre en place un mécanisme de coordination transversale impliquant plusieurs organisations, et de faire appel à un groupe de travail pour REDD+ en gardant à l’esprit la nécessité d’utiliser les ressources existantes. Ceux-ci sont étroitement liés à la formation des administrateurs du pouvoir central et des autorités locales responsables de la conservation de la nature, qui est une priorité absolue de l’« Agenda mondial 2030 de la JICA ». La préparation des données de base est la première étape de la formulation d’une politique, et la JICA y a contribué en établissant un système d’inventaire forestier national comme base pour accéder à des fonds par le biais de la mise en œuvre de REDD+ dans les pays africains, et en formant des candidats pour faire fonctionner le système (1-2.2 RDC, 3-5.19 Ouganda).
  • Celle-ci est également importante dans une optique d’activité durable. La préparation des données de base est la première étape clé de la formulation d’une politique et de l’obtention de la compréhension des habitants qui gagnent leur vie sur le site du projet et dans ses environs pendant la mise en œuvre de celui-ci. Il a été suggéré que des réunions régulières entre le gouvernement et les communautés locales seraient cruciales pour le processus de formulation et de mise en œuvre de la politique, et que l’utilisation efficace de facilitateurs communautaires au cours de ces réunions accélérerait l’implication de la population locale et renforcerait l’autonomie de ceux qui mettent en œuvre les activités (1-1.1 Ghana, 2-2.8 Cameroun).

2: Formulation et mise en œuvre, suivi et évaluation des politiques fondées sur les données et la science

Recommandation politique 2 : L’importance de fournir une assistance technique et de partager les connaissances dans la mise en œuvre des SfN

Dans le cadre de la mise en œuvre du Processus 1 (planification efficace des politiques), ainsi que d’un cadre institutionnel (gouvernance), il est indispensable de définir les objectifs, de garantir la mise en œuvre et d’assurer le suivi du plan dans une perspective à moyen et long termes, d’où la nécessité d’établir un cadre technique (système de suivi).

  • Dans un premier temps, il est essentiel d’examiner les méthodes de cartographie forestière. Précisément, les options concernant les méthodes d’échantillonnage et de cartographie complète (approche « wall to wall ») doivent être choisies en fonction de l’application et des ressources (2-1.3 Congo, 2-1.4 Botswana, 2-1.7 Cameroun).
  • Si aucun système national de surveillance des forêts n’a encore été mis en place, il est possible d’avoir recours à des outils et des systèmes de surveillance des forêts au niveau mondial, tels que SEPAL et JJ-FAST. Cependant, avec JJ-FAST, la carte de base est la même dans le monde entier, de même que la classification forêt/non-forêt, etc. Toutefois, il convient de noter que la carte de base JJ-FAST est la même dans le monde entier, et que la classification forêt/non forêt peut être différente de la définition de chaque pays.
  • Dans le cadre de la surveillance de changements forestiers localisés, tels que l’abattage illégal, la combinaison de données satellitaires à moyenne (et haute) résolution et de drones peut être efficace et efficiente (2-1.5 Gabon).
  • Un autre moyen efficace de lutter contre les incendies de forêt pourrait être d’organiser un système de prévision et de diffusion de signaux de danger d’incendie s’appuyant sur des données satellitaires (2-1.6 Botswana).
  • Les données découlant des activités quotidiennes des populations, telles que la chasse, peuvent fournir des indicateurs utiles pour la gestion de la faune et de la flore (2-2.8 Cameroun).
  • L’accès à des connaissances sur la résolution de problèmes techniques et à des exemples de mesures pour lutter contre le changement climatique grâce aux dernières technologies par le biais du portail « Connaissances pour changer le monde à partir des forêts d’Afrique » devrait contribuer à rationaliser la planification, la mise en œuvre et le suivi des activités dans les pays africains, où la consolidation des candidats existants constitue un défi. Le portail devrait permettre d’assurer une planification, une mise en œuvre et un suivi efficaces des activités dans les pays africains qui sont confrontés au défi de consolider leur base de candidats.

3: Mise en œuvre de projets inclusifs et percutants

Recommandation politique 3 :
Mettre en place des mesures pour lutter contre le déclin et la dégradation des ressources naturelles

La mise en œuvre d’une gestion durable des ressources naturelles nécessite une approche intégrée avec une analyse et un traitement non seulement du point de vue des sciences naturelles tel que le Processus 2 (mise en œuvre de politiques, suivi et évaluation s’appuyant sur des données), mais également de celui des facteurs sociaux dans leur ensemble.

  • Lorsqu’une gestion durable des terres est mise en œuvre pour lutter contre la dégradation des sols, des résultats efficaces du point de vue de l’amélioration du pâturage, qui est la principale cause de la dégradation des terres, peuvent être escomptés. Ceux-ci peuvent inclure l’amélioration de la valeur nutritionnelle des pâturages, l’introduction de l’alimentation en grange et l’amélioration des variétés, ainsi que des mesures alternatives d’amélioration des moyens de subsistance (3-2.15 Sénégal, 3-2.16 Éthiopie).
  • Lors d’opérations de boisement dans des zones arides et semi-arides, l’utilisation de plants à longues racines et la diffusion des techniques de boisement en milieu semi-aride au sein de la communauté locale sont efficaces (3-2.13 Botswana, 3-2-14 Kenya).
  • D’autres méthodes jugées efficaces pour la conservation des forêts naturelles comprennent des travaux de boisement pour se procurer du bois de chauffage et du charbon de bois, l’amélioration des pratiques agricoles qui s’avèrent efficaces pour éviter la déforestation, et l’introduction de l’agroforesterie (3-1.9 Cameroun, 1-2.2 RDC). Il a également été suggéré que le zonage peut être utilisé efficacement pour clarifier les zones de conservation des forêts et les zones d’activités pour améliorer les moyens de subsistance (3-3.17 Bénin). De telles approches permettront de réduire plus efficacement les émissions de CO2 tout en améliorant la qualité de vie des citoyens ordinaires.
  • Lorsque la conservation et la réhabilitation des forêts sont intégrées dans une approche visant à améliorer les moyens de subsistance au niveau local, une participation active est escomptée en raison des incitations directes créées (3-5.20 Sénégal, 3-6.21 Éthiopie, 3-6.22 Tanzanie, 3-6.23 Cameroun, 3-6.24 Burkina Faso). Grâce à des collaborations avec le secteur privé, la conservation des forêts devrait s’avérer compatible avec la revitalisation des économies locales (par exemple 3-6.21 Éthiopie, 3-6.22 Tanzanie, 3-6.24 Burkina Faso et 3-6.26 Tanzanie). Inversement, si le revenu direct en tant qu’incitatif disparaît, le projet risque fort de piétiner. À cet égard, pour être efficace, il convient d’intégrer à l’avance les avantages sociaux de la conservation des forêts pour les populations locales, et l’éducation environnementale dans les activités (3-1.10 Botswana, 3-2.14 Kenya, 3-6.25 Tunisie).
  • L’adoption d’une approche paysagère devrait permettre d’améliorer l’inclusivité grâce à la participation des parties prenantes et au renforcement de la gestion des zones de conservation et de l’aménagement du territoire. La collaboration interzonale par la coordination des politiques à différents niveaux est également indispensable (3-1.11 Éthiopie, 3-1.12 Éthiopie, 3-3.17 Bénin).
  • Dans les plantations industrielles, la sélection d’espèces d’arbres adaptées aux sites de plantation, ainsi que la production et la distribution de plants en collaboration avec des entreprises privées peuvent être efficaces (3-4.18 Kenya).
  • Dans la gestion des zones humides, il est important de collecter les données nécessaires puis d’élaborer et de mettre en œuvre avec diverses parties prenantes un plan de gestion des zones humides s’appuyant sur des données (3-5.19 Ouganda).
  • En outre, pour ce qui est de la participation de diverses parties prenantes et l’utilisation des connaissances autochtones, l’implication des populations locales dans la mise en œuvre de l’approche est importante et efficace (2-2.8 Cameroun).

4: Ressources pour le renforcement des opérations, etc.

Recommandation politique 4-1 : Améliorer l’accès des pays africains aux fonds liés aux SfN en ne laissant pas passer les occasions qu’offre la tendance mondiale des « SfN » pour l’apport de fonds dans le secteur de la gestion des ressources naturelles

  • De nombreux pays africains ont des difficultés à assurer les budgets nécessaires à la conservation de l’environnement en raison de leur situation financière, et les fonds nécessaires à la mise en œuvre des mesures sont insuffisamment alloués. Inversement, outre les fonds multilatéraux, le secteur privé introduit des fonds dans le secteur de la gestion des ressources naturelles pour atteindre les objectifs de réduction des GES, une tendance qui se reflète dans l’expansion du marché volontaire du carbone. Il est à espérer que le portail « Connaissances pour changer le monde à partir des forêts d’Afrique », qui organise et diffuse les connaissances accumulées par le biais des projets mis en œuvre par la JICA à ce jour, aidera à obtenir des fonds de manière efficace et à former de nouveaux projets SfN en utilisant la base de données de connaissances sur le portail.
  • Dans le domaine de l’adaptation, la Déclaration commune sur le climat et la Déclaration commune sur la nature publiées par les banques multilatérales de développement (BMD) lors de la COP26 de la CCNUCC en novembre 2021 ont également clairement indiqué que le fonds d’adaptation serait augmenté et que le soutien à l’élaboration de plans nationaux d’adaptation (PNA) utilisant des solutions fondées sur la nature (SfN) serait renforcé. De nouveaux apports de capitaux internationaux sont attendus, et des projets tels que le soutien à l’élaboration de plans nationaux d’adaptation (PNA) sont susceptibles d’augmenter. Ce faisant, une planification et une acquisition efficaces des fonds sont attendues par l’utilisation efficace des activités (4-2.29 Malawi, 4-2.30 AI-CD), qui sont disponibles sur le site portail.

Recommandation politique 4-2 : Reconnaître le rôle des SfN dans la relance verte dans les pays africains

La récente épidémie de COVID-19 a décimé les économies sociales des pays africains, qui ont connu leur première récession depuis 25 ans. La COVID-19 a eu une incidence directe sur la cible des objectifs de développement durable (ODD) « (Objectif 3) Efforts pour protéger la santé humaine (Bonne santé et bien-être) » et a rappelé à l’humanité l’importance des « (Objectif 15) Efforts concernant la déforestation (Vie terrestre) » qui ont provoqué l’apparition de nouvelles zoonoses, dont la COVID-19.

  • Selon le Forum économique mondial, la nature, lorsqu’elle est correctement gérée, étaye le bien-être, la résilience et la prospérité à long terme des sociétés. En outre, les investissements et la transition vers une économie « nature positive » devraient créer 395 millions d’emplois et 10,1 billions de dollars en termes de débouchés commerciaux annuels. Il est important d’accélérer l’économie « nature positive », y compris les SfN, dans les pays africains afin de réduire les épidémies de nouvelles maladies infectieuses et de rester résilient face au changement climatique.
  • Le portail « Connaissances pour changer le monde à partir des forêts d’Afrique » comprend également des études de cas (3-1.10 Botswana, 3-6.21 Éthiopie) qui se concentrent principalement sur la conservation de l’environnement et l’amélioration des moyens de subsistance, et qui pourraient être utilisées à titre d’exemples des SfN de la relance verte.
  • Les efforts de diffusion pour étendre et établir ces cas sont également importants (4-1.27 Éthiopie, 4-1.28 Madagascar, 3-2.15 Sénégal).

Référence :

FEM (2020), Le futur de la nature et des entreprises, https://www3.weforum.org/docs/WEF_The_Future_Of_Nature_And_Business_2020.pdf